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La mutation des secteurs publics

March 4, 2017

 

 

Les pouvoirs publics intègrent progressivement des visées d'efficience et d'efficacité[1] dans leurs cahiers des charges. Des critères de performance y sont prévus ; ils sont qualitatifs, tant relatifs aux prestations qu’aux conditions de travail et au développement durable, ainsi qu’économiques.

 

Dans ces conditions, relever au mieux le défi de la viabilité pour les états et les organismes auxquels des tâches publiques sont déléguées, nécessite suffisamment d’expertise managériale, y compris financière, de la part des cadres.

 

Et ce d’autant plus qu’au vu de l’accentuation du besoin de maîtrise des coûts publics, il ne serait pas surprenant qu’à l’avenir, on assiste à des fermetures, des fusions et des absorptions d’activités de divers types d’organismes d’utilité publique, comme c’est le cas pour les hôpitaux par exemple.

 

L’exemple de la santé et du réseau de soins

 

La consommation en soins et en biens médicaux ne cesse d’augmenter et atteint, pour la France, une hausse totale de 8 % en sept années, après élimination de l’effet de l’inflation.

 

Plusieurs phénomènes se conjuguent et illustrent la complexité des soins aux personnes. En voici une liste non exhaustive :

 

  • le vieillissement de la population, dont l’effet est amplifié par les coûts de santé par personne, qui augmentent de façon exponentielle en fonction de l’âge[3] (exemple de la Suisse, voir graphique) ; cela constitue une cause importante de l’augmentation des charges de la santé, mais pas la seule ;

  • le renchérissement des techniques de soins, qui continuent de progresser ; même si dans certains cas, ces progrès engendrent des économies, l’innovation signifie globalement une hausse des charges ;

  • l’évolution de la morbidité de la population, en hausse ou en baisse ; cela dit, le nombre moyen d’années de mauvaise santé par individu reste difficile à prévoir et une durée de vie plus longue décale dans le temps les dépenses accrues de santé, surtout liées à l’approche du décès ;

  • l’émergence de « nouvelles » pathologies, aujourd’hui considérées comme telles, alors qu’elles ne faisaient pas l’objet d’un traitement auparavant ;

  • la fatigue des proches aidants, acteurs de l’économie invisible, sans oublier que ces personnes actives se retrouvent à risque de compromettre leur activité professionnelle ;

  • le renforcement du respect de l’autodétermination des patients ;

  • l’intensification des migrations et la nécessité d’une prise en charge immédiate de maladies, comme la gale par exemple[2].

 

Stéphanie Lambert

Extrait de l’introduction du guide de management associatif et public La performance à but humain, publié prochainement aux Editions Favre. Informations sur www.guide-management.com; par e-mail à info@guide-management.com

 

 

[1] Une action efficace atteint son objectif, tandis qu’une action efficiente atteint un certain niveau de résultat au moindre coût. La notion d’efficacité compare le résultat à l’objectif ; celle d’efficience s’intéresse à l’optimisation des ressources (rapport qualité vs. coûts). Par exemple, une formation a été efficace car 76 % des étudiants ont trouvé du travail dans les 3 mois qui ont suivi la fin de la formation, contre un objectif de 70%. Elle a également été efficiente car les coûts totaux se sont montés à 1 800 € par personne formée, contre une moyenne de 2 200 € pour toutes les formations dispensées par l’institution.

[2] AFP, « Nouvelle évacuation d’un camp de migrants à Paris », Le Monde.fr [en ligne], 2 octobre 2015, http://www.lemonde.fr/societe/artic....

Menichini Marc, « Le canton de Vaud renforce son dispositif sanitaire pour les migrants », RTS Info [en ligne], 23 octobre 2015, http://www.rts.ch/info/regions/vaud....

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